La politique autrement…

« Il va y avoir un taux record d’absentions »

« L’offre politique est de plus en plus médiocre et décevante »

« Les Français ne croient plus en leurs femmes et hommes politiques »

« Les institutions sont à bout de souffle »

Tout le monde en convient : il faut changer la façon de faire de la politique.

L’expérience « En Marche » se voulait une opportunité de mieux intégrer la société civile dans le monde politique. Cinq ans après, force est de constater que c’est un échec cuisant, que le parti LREM ne s’est pas inscrit dans le paysage politique français, qu’aucun leader d’envergure nationale n’en a émergé, et que ses cadres sont principalement des vieux chevaux de retours issus du Parti Socialiste, du Modem ou de l’UMP devenue LR.

Et dans le même temps, les scores à l’élection présidentielle des candidats issus de ces formations dites « de gouvernement » s’annoncent cataclysmiques.

La pandémie et maintenant la guerre en Ukraine ne facilitent pas les choses mais le malaise est bien plus ancien et bien plus profond que cela. Pour preuve les participations électorales en baisse depuis des années et la crise des gilets jaunes résultant directement d’une gouvernance arrogante et « jupitérienne ».

Et ce n’est pas la suppression de l’ENA ou je ne sais quelle autre mesure gadget qui y changera quoi que ce soit. Le problème est ailleurs. Mais où ? Et quel est-il précisément ?

Vingt années de militantisme m’amènent à penser de façon un peu cynique et raccourcie que « La politique, c’est l’art de dire ce qui doit être dit dans le sens de l’intérêt général, et de faire ce qui doit être fait dans le sens de son intérêt personnel, électoraliste ».

Comment changer cela  ? Comment faire de la politique « autrement » ?

Le débat est ouvert…

Le « En même temps » est un échec cuisant.

Elu par défaut face à LePen, Macron aurait pu, aurait dû, dès l’été 2017, rassembler les forces vives de la nation pour transformer son programme en feuille de route consensuelle. Au lieu de ça : ordonnances, présidence jupitérienne, mépris des syndicats et des élus locaux, gilets jaunes.


Sur la lancée de sa campagne électorale, Macron aurait pu, aurait dû, veiller à la constitution d’un grand parti progressiste. Au lieu de ça, il a confié les rênes de LREM à des chevaux de retour et à des bras cassés issus du PS ou du Modem. Nous en connaissions certains et les savions tocards, dénués de pensée.


Dès l’automne 2017, Macron, Philippe et Buzin auraient pu, auraient dû, redonner à l’Hôpital les moyens réclamés par les soignants. Ils auraient pu aussi anticiper la question des masques et remettre en place les circuits d’approvisionnement, au titre de la gestion des risques. Au lieu de ça ils ont laissé faire, ils ont joué la montre et sont restés sourds aux revendications.


Après les gilets jaunes vinrent le grand débat puis la conférence citoyenne. Macron aurait pu, aurait du, tenir ses promesses de mettre en œuvre les 150 recommandations de la conférence. Au lieu de ça, il les enterre petit à petit.
Il y avait aussi la reforme des institutions, du millefeuille territorial, de l’assemblée nationale avec l’introduction de la proportionnelle. Empêtré dans les gilets jaunes, il n’a pu rien faire.


Au printemps dernier, seules les équipes de Bercy étaient prêtes et ont mis en place ce qu’il fallait pour sauver les entreprises. Mais leur préparation datait de l’après crise des subprimes et ne doit rien à Jupiter.


Le Maire a embrassé un temps une posture néokeynésienne et a tenus des discours impeccables. Mais lorsqu’on voit ou lorsqu’on sait comment sont traités certains dossiers très médiatisés, le charme ne tient pas.
Aux deux-tiers du mandat, ces quelques exemples nous indiquent que le « En même temps » est un échec cuisant.


Macron n’était d’autant pas mon candidat qu’il avait contribué à la dérive libérale conduisant le quinquennat Hollande dans l’impasse.


Fatigué par des années d’opposition et d’espoirs déçus, j’étais quand même prêt à y croire mais non, inutile d’insister, c’est irrécupérable.
Et ce ne sont pas quelques discours dignes d’un élève besogneux de terminale littéraire qui y changeront quoi que ce soit.


Le plus grand service que Macron pourrait rendre au pays serait d’annoncer qu’il ne briguera pas de second mandat, voire qu’il anticipe l’échéance.


Mais qui alors, pour lui succéder ? Quelle équipe, quel programme, quel(le) meneur(euse) ?
On ne va pas laisser n’importe quel extrémiste s’installer au pouvoir avec ses idées courtes et ses recettes populistes toutes faites.


Le tout sur fond de pandémie et de terrorisme. Ça a tout d’un boulot de m…
Alors qui ?

L’anonymat sur les réseaux sociaux : triomphe de la lâcheté.

L’assassinat de Samuel Paty soulève une fois encore la question de l’anonymat ou du pseudonymat sur les réseaux sociaux. Assez de faux semblants et d’excuses oiseuses. L’anonymat et dans une certaine mesure le pseudonymat non contrôlé, c’est l’encouragement à la lâcheté et à la haine tranquille.

Lançons le débat.

Parmi les arguments de la défense de l’anonymat on entend :

  • « Mais ce n’est pas vraiment anonyme puisque, sur décision de justice, on peut toujours savoir qui se cache derrière un pseudonyme » ;
  • « Oui mais certains, de par leur métier, ont un devoir de réserve et ne peuvent s’exprimer publiquement » ;

Ce sont les arguments du renoncement, du fatalisme, de la complicité passive.

A cela on peut répondre :

  • Une décision de justice vient à l’issue d’un processus le plus souvent complexe, lourd, long ou aléatoire, et ce d’autant plus que la justice manque de moyens. Donc un lâche anonyme peut passer entre les gouttes. Ce n’est pas normal.
  • Ceux qui choisissent un métier avec devoir de réserve le font en connaissance de cause et renoncent de fait à une partie de leur liberté d’expression. C’est dommage mais c’est comme ça. Ceux-là exercent souvent des missions de service publique et doivent être protégés. Pour eux, il faut prévoir des lieux où ils pourront signaler toute situation anormale ou abusive qu’ils ne pourraient exprimer publiquement. Ou bien il faut leur octroyer des circonstances dérogatoires leur permettant cette expression publique. Bref, si on veut les protéger, on le peut.

Pour le reste soyons clairs :

  • Toute inscription sur les réseaux sociaux peut dorénavant être conditionnée à la transmission d’une pièce d’identité. Dans le contexte actuelle, admettons cela comme un mal nécessaire.
  • La responsabilité des éditeurs de blogs ou de réseaux sociaux doit être conjointement engagée avec celle des auteurs. Cela qui obligera les éditeurs à mettre en place des cellules de veille et de modération. Des millions de chômeurs se profilent, voilà de quoi créer de l’activité. « Police de la pensée » diront les laxistes ou les complices de ceux qui incitent à la haine. « Prévention des abus et protection de vastes territoires de liberté » leur répondront les autres.
  • Le pseudonymat ne saurait être remis en cause. Sans doute faut-il imposer que le nom d’état civil figure dans le profil, ou que le nom du dirigeant y soit indiqué s’il s’agit d’une personne morale. Exactement comme dans l’ours d’un journal ou au bas d’un site web. Et qu’on ne vienne pas nous dire que pour les artistes ou écrivains ce serait un cauchemar. Il suffit de consulter leur fiche Wikipedia pour connaitre leur vrai nom. Alors, on arrête de se cacher derrière son petit doigt.

La loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse introduisait de fait certaines limites et certains délits, comme celui de la diffamation publique. De même aujourd’hui, certaines limites nouvelles peuvent faire leur apparition. C’est une minuscule concession pour mieux protéger la vaste majorité de ceux qui souhaitent utiliser les réseaux sociaux pour partager leurs opinions, pour débattre ou tout simplement pour s’amuser, pour déconner.

Oui, pour déconner, comme Cabu, Wolinski et bien d’autres aimaient tant le faire.

Paroles, paroles…

Le gouvernement gère bien cette crise.

Lisez jusqu’au bout svp avant de penser que je suis devenu macroniste.

Le gouvernement gère bien cette crise, depuis le 12 mars.

Quelques ministres : Economie & sa Secrétaire d’Etat, Santé, Travail, Transport s’en sortent bien en dépit de quelques récentes déclarations, relents tardifs d’abus de Medef.

Depuis le 12 mars. En effet, c’est à cette date du 12 mars qu’ont été annoncées les premières interdictions de grands rassemblements, quelques jours avant l’état d’urgence sanitaire et le confinement. C’est aussi le 12 mars que le Président a rappelé la primauté de la santé « Quoi qu’il en coûte ».

Sur le plan économique, des mesures salutaires ont été mises en oeuvre très rapidement, cela va éviter une hécatombe sociale. Certes il y a eu quelques ratés au démarrage de la plate-forme « activité partielle » mais tout rentre dans le rang progressivement.

Sur le plan sanitaire, ils font ce qu’ils peuvent pour commander ou faire fabriquer des masques, des blouses, etc.

Admettons qu’à partir du 12 mars n’importe quelle équipe gouvernementale n’aurait pu faire mieux. Personne n’aurait fait pire non plus, à l’exception des hyènes du FN ou des braillards de LFI qui nous auraient entraînés dans je ne sais quel abîme.

C’est avant que nos gouvernants ont failli, méthodiquement, en trois temps.

1 : 2007-2017 : Les gouvernements Sarkozy/Fillon, Hollande/Ayrault et Hollande/Valls, sous couvert de « modernisation » ont orchestré le délabrement de l’hôpital public (5000 lits en moins chaque année, tarification à l’activité, primauté du management et de l’économie sur les soins).

En particulier lorsqu’il a été décidé de délocaliser la production des masques, aucun plan d’approvisionnement n’aurait été étudié. Macron a fait partie de tous les gouvernements Hollande, comme Secrétaire Général adjoint puis comme Ministre de l’Economie.

2 : 2017 – 2019 : Arrivé au pouvoir avec une promesse de « Révolution », le gouvernement Macron/Philippe/Buzyn ne fera rien pour redresser la situation, si ce n’est un timide plan fin 2019, à la moitié du quinquennat.

3 : Janvier-Février 2020 : Gouverner, c’est prévoir. Alors que la pandémie se profilait, aucune anticipation là encore, rien n’a été entrepris pour réparer les erreurs des gouvernements précédents. D’où la communication contradictoire au sujet des masques, inutiles tant qu’on n’en disposait pas, et bientôt obligatoires. Quelle impuissance, quelle misère, quelle honte.

Cette dernière chance de contrebalancer 12 années d’errements, ce gouvernement est passé à côté.

C’est pourquoi il est tout autant discrédité que ceux qui l’ont précédé.

Que penser du virage gaullo-keynésien du Président lors de son allocution 12 mars ? Pénitence ? Prise de conscience tardive ? Posture ?

Ce soir, 13 avril, il y aura sans doute encore de belles paroles, de remerciements, de compassion. Ce soir, nous aurons encore droit à une nième manifestation de lyrisme digne ce certains élèves de première littéraire. Ce soir, certains croiront entendre siffler la fin de ce néolibéralisme qui depuis 30 ans a miné notre économie et notre système social. Effectivement ce système a vécu puisque c’est son inverse qui est mis en œuvre partout dans le monde pour sauver les économies. Mais ce ne seront que des mots.

Sur le coup, on pourra penser un fois encore « ils reviennent à la raison, sachons-nous en féliciter plutôt que de les railler ».

Mais après quelques semaines de confinement et de réflexion, et surtout depuis que nous commençons à comprendre ce qui (ne s’est pas) passé au début de cette année 2020, mon opinion est plus radicale : le monde d’après ne saurait s’écrire avec eux.

Je ne suis pas pour autant favorable à des recours judiciaires et à des procès. Ce qu’ils vivent actuellement est exténuant, extrêmement dur sur le plan humain et vaut toutes les condamnations d’un tribunal.

Un nouvel ordre mondial est appelé à s’installer. A quand un nouveau Bretton-Woods, une OMC réformée, des banques centrales sous contrôle, des industries relocalisées dans une Union Européenne repensée ?

Ce sont les prochaines élections, en 2022 au plus tard en France, à d’autres moments ailleurs, qui devront en décider.

Il existe une alternative.

A nous d’œuvrer à la prise de conscience de sa possibilité puis à son émergence.

Le monde d’après…

Nous vivons une crise inouïe. Nous allons peut-être manquer de lits d’hôpital. Ce n’est pas le 21e siècle que nous voulions.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

En reponse aux injonctions de « modernisation » de l’Union Européenne, les Etats ont développé des PNR (Plan National de Réforme).

PNR 2011/2014 (Sarkozy/Fillon)

https://www.cnle.gouv.fr/…/11-05-20_PNR_2011-2014_version_f…

PNR 2014/2017 (Hollande/Valls)

https://www.economie.gouv.fr/…/programme-national-de-reform…

PNR 2019/2022 (Macron/Philippe)

https://www.economie.gouv.fr/programme-stabilite-programme-…

Ces programmes conditionnent les baisses des dépenses publiques.

En résultent entre autres des objectifs d’évolution de l’ONDAM (Objectif National de Dépenses d’Assurance Maladie) via le PLFSS, Projet de loi de finance (budget annuel) de la sécurité sociale.

Bref, ce sont ces mécanismes qui déterminent les moyens budgétaires alloués à l’Hôpital Public, qu’il s’agisse de lits, de matériel ou de personnel.

Tant les gouvernement Sarkozy/Fillon que Hollande/Valls ou Macron/Philippe ont appliqué les objectifs austéritaires de l’Union Européenne visant à limiter l’ONDAM.

Avec pour conséquence la réduction de 16000 lits d’hôpitaux par Valls et Hollande de 2015 à 2017, soit environ 5000 lits par an.

C’est entre autres pour cela que certains d’entre nous, dès 2014, se sont exprimés pour des politiques alternatives et sont devenus frondeurs.

Cela nous a valu quolibets, reproches, insultes.

Cela nous a valu d’être accusés d’avoir fait sombrer le PS et le quinquennat Hollande, alors que le désastre avait déjà commencé, comme l’avait montré le catastrophique résultat des élections municipales de mars 2014.

Ça ne sert à rien de faire le procès de ces acteurs du passé. Il faut seulement nous assurer qu’ils ne reviendront pas au pouvoir et qu’ils sont dorénavant définitivement à la retraite, à Barcelone ou ailleurs.

Que dire du pouvoir en place ? Ils viennent de cette mouvance neo-libérale et technocratique, qui ne connait que la macro-économie et qui n’a jamais mis les pieds dans une entreprise.

Ils vivent des moments difficiles. La gravité de la crise que nous vivons va entraîner des renoncements idéologiques violents et va les contraindre à manger leur chapeau.

Je suis d’avis de renoncer à tout procès les concernant et de leur laisser une ultime chance.

Je préférerai toutefois que les ex-socialistes frondeurs, les écologistes raisonnables et les keynésiens de tout poil s’allient pour écrire et gouverner ensemble le monde de l’après-crise. En France, Arnaud Montebourg, Les Amis d’Arnaud Montebourg, Christiane Taubira , Pierre Larrouturou, Cécile Duflot, Benoît Hamon , Vincent Peillon, Boris Vallaud , Aurélie Filippetti, Karine Berger, Mathieu Hanotin , Yannick Jadot , Nicolas Hulot… souvenez-vous des temps où vous avez agi dans ce sens, et où nous militions à vos côtés, pour des relocalisations, pour un Etat à sa juste place, pour plus de justice sociale et fiscale.

Parlez vous, écoutez vous. Oubliez les querelles de 2016/2017 et oeuvrez ensemble à l’émergence de ce monde d’après. L’Histoire vous donne raison, ne l’abandonnez pas.

A bientôt

Bien gérer…

Conseil municipal du 6 février 2020

Intervention relative à la délibération n°3 relative au budget, que notre groupe n’a pas voté.

Monsieur le Maire, Chers collègues,

Lors du dernier conseil municipal le 23 janvier, nous ne sommes pas intervenus puisqu’en fait il n’y a pas eu de débat. Et nous avons vu dès le lendemain dans quel désarroi cela vous plongeait, comme en a témoigné un tweet de notre premier adjoint. Comme si nous étions la seule source de propositions dans cette assemblée ! Ne voulant pas vous décevoir plus longtemps, nous allons pour ce dernier conseil de la mandature, revenir sur ce que nous inspire ce budget et plus généralement la gestion qui fut la vôtre depuis maintenant 12 ans, et proposer quelques pistes de réflexion.

La ville croule sous les médailles distinguant son auto-proclamée « bonne gestion »

Médailles dont aucun d’entre nous n’avait d’ailleurs entendu parler auparavant.

Qu’est-ce qui caractérise la gestion municipale actuelle ?

Certainement pas la stratégie ou la vision que vous portez pour notre ville à horizon de 5 ou 10 ans, nous n’en avons jamais entendu parler.

Cette gestion se caractérise en creux, par ses manques et par ses insuffisances :

  • On dépense moins que prévu car les effectifs ne sont pas pourvus à 100%, faute d’attractivité de la ville : entre autres, il est cher de s’y loger pour le personnel communal.
  • On s’y prend mal : 15% de logement sociaux alors que la loi en demande 25%. Si la Ville n’avait pas dû s’acquitter de 5,7 millions d’euros en 2019 et de 6 millions d’euros en 2020 au titre de la pénalité SRU, nous disposerions de 12 Millions d’Euros de plus.
  • On a sous-investi ou dépensé mal à propos
    • 300000 € pour une fusion avec Issy-les-Moulineaux, un projet sorti du chapeau et abandonné au bout de quelques mois
    • Le château de Benais est en sursis : on continue à payer, nos enfants ne peuvent plus en bénéficier
    • Fermeture du TOP, des bains-douches, du CDIFF, on vient d’en parler.

Et quand on passe à l’action, que voit-on ?

Un stade pharaonique de 70 M€, alors que notre ville compte des gymnases vétustes, sans gradins pour les parents, autant d’équipements qui ne demandent qu’à être rénovés.

On va dépenser 1,15 million € par an pour une équipe de basket à Levallois alors que la subvention allouée à l’ACBB, toutes sections confondues, est de 2,4 millions €. Cette subvention pourrait donc être augmentée de 50%, pour le bénéfice de tous nos concitoyens et de tous les sports.

Vous vous lamentez que l’État vous prend votre argent mais vous ne dépensez même pas le budget voté par votre propre majorité.

Alors, « Bien gérer » à nos yeux, c’est dépenser ce qui doit l’être, quand ça doit l’être et où ça doit l’être, dans l’intérêt général, dans l’intérêt du plus grand nombre et pas seulement de celui d’une clientèle électorale.

Pour nous, une bonne gestion, une gestion non frileuse, ce serait une gestion qui dépasserait la vision comptable pour faire vivre un projet soutenu par un budget :

  • durable et ambitieux, comme à Lille par exemple (40% sur l’éducation, le social et le sportif, 30% sur le cadre urbain, 17% sur la culture et l’économie…)
  • sincèrement participatif comme à Paris, et cela va bien au-delà des stand-ups et des faux étonnements en réunion de quartier

Certes cela bouge un peu en fin de mandat mais surtout, on peut faire plus (et sans augmenter les impôts) ! Il y a un excédent de 21 millions d’euros à fin 2019 et la dette est faible. S’il l’on ajoute l’amende SRU cela fait 33 millions.

La ville pourrait faire bien plus si elle ne se lance pas dans la construction du stade et si elle n’a plus à payer d’amende pour défaut de logement sociaux :

  • Pourquoi n’embauche-t-on pas plus d’animateurs ?
  • Pourquoi des gens attendent-ils un logement social pendant des années ?
  • Pourquoi ne pas mettre le paquet sur le bio dans les cantines ?
  • Pourquoi les jeunes parents doivent ils franchir un véritable parcours du combattant pour disposer d’une place en crèche ?
  • Pourquoi ne pas rénover les gymnases ou ne pas construire de deuxième piscine ?
  • Pourquoi ne pas prendre plus de mesures pour limiter les embouteillages, la pollution ?
  • Pourquoi vouloir abattre les arbres du cimetière alors que nous manquons cruellement d’espaces verts ?
  • Pourquoi le SUBB n’est-il toujours pas électrifié ?
  • Pourquoi retarder sans cesse la construction de vraies pistes cyclables connectées entre elles ou de zones piétonnes ?
  • Pourquoi ne dispose-t-on pas de plus de lieux de rencontre et de travail pour les associations ?
  • Pourquoi ne pas rénove pas le TOP, en faire un véritable lieu de culture populaire ?
  • Pourquoi laisser le château de Benais plus longtemps à l’abandon
  • Pourquoi ne pas déployer dans toute la ville, dans chaque quartier, une approche par projets, permettant à tous ceux qui le souhaitent de s’impliquer dans la vie et dans le développement de leur cité ?

Voilà M Le Maire, chers collègues, quelques exemples de ce qui, à nos yeux, aurait caractérisé une bonne gestion, et qui vaudrait toutes les médailles du monde.

Et enfin, puisque c’est la dernière fois que je prends la parole dans cette assemblée, et que je ne siégerai plus dans l’opposition après les prochaines élections, permettez-moi Monsieur le Maire, chers collègues de rendre hommage à votre écoute et aux rapports la plupart du temps cordiaux que nous avons entretenus au cours de ces six dernières années. J’en garderai un excellent souvenir.

Je vous remercie.

Poudre aux yeux.


Il y a une différence entre la ville, telle qu’on la lit dans le magazine BBI et la ville, telle qu’on la vit en conseil municipal. Prenons deux exemples : le conseil communal des enfants et le débat d’orientations budgétaires.

Dans le guide des activités 2019/2020 page 10 on peut lire « 38 élèves de CM1 et CM2 […] sont force de proposition auprès du conseil municipal […]. ». Quand ces élèves ont-ils été élus, quand se sont-ils réunis, de quels sujets ont-ils débattus ? En avez-vous entendu parler ? En bientôt six ans, de combien de mesures proposées par le conseil communal des enfants a-t-on débattu en conseil municipal ? Zéro.

Dans le n° 474 de ce magazine (Mars 2019) est narré page 38 le « Débat sur les orientations budgétaires » (DOB). Il s’agit là d’une étape obligatoire dans l’adoption du budget. L’article indique que « les conseillers municipaux sont invités à débattre… grandes tendances … » et laisse entendre qu’un débat plein et entier a eu lieu et que, « les conseillers municipaux ont ainsi les informations utiles pour motiver leur vote ultérieur… ». Mais dans la réalité, il n’y a pas de débat. Comme l’a relevé Pierre Gaborit en séance, nous sont présentés comme un fait accompli les différentes composantes du budget. Et de toutes façons, aucun conseiller municipal de la majorité ne se risquerait à prendre la parole pour débattre, amender ou contredire quoique ce soit ! Au passage, le Maire se lamente une fois de plus de l’attitude de l’Etat et de la baisse des dotations publiques, lui qui, par ailleurs et comme tous ceux de son camp, réclament avec force la baisse des dépenses publiques dès qu’ils entrevoient un micro ou une caméra. Beaucoup de poudre aux yeux mais dans la réalité, du débat : Zéro.

Une municipalité audacieuse, voire seulement courageuse, organiserait un vrai débat participatif sur les questions budgétaires, comme le vivent avec succès nos voisins parisiens. Mais il est vrai que ce serait courir le risque de voir retoquées des décisions telles que la fermeture du TOP, la vente du château de Benais, la fusion avec la commune voisine ou la construction d’un pharaonique Palais des Sports. Mieux vaut donc donner l’illusion du débat, de la démocratie et de la bonne gestion, et faire au mieux-disant comptable. Certes, toute publication d’une collectivité territoriale n’échappe pas à son destin : elle est au service de la majorité en place, quelle que soit la couleur politique de celle-ci. C’est de bonne guerre. Mais où se situe la limite entre la communication et l’esbrouffe ? Les boulonnais jugeront.

Intervention relative au « Rapport 2018 sur la situation en matière de développement durable »

INTERVENTION EN CONSEIL MUNICIPAL DU 21 FEVRIER 2019

Délibération n° 5 : Rapport 2018 sur la situation en matière de développement durable

Monsieur Le Maire, cher collègue

Cela fait je crois la 3° année que j’interviens pour souligner la faiblesse du rapport qui nous est présenté.

Nous avons déjà mentionné son caractère fourre-tout, résultat d’une démarche assez besogneuse de collecte de tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à du développement durable, pour qui n’y connait rien.

En premier, ce qui saute aux yeux, comme l’évoquais mon collègue François Thellier à l’instant, c’est l’absence quasi-totale d’indicateurs, que ce soit sur les émissions de GES, des consommations énergétiques, des consommations papiers, le pourcentage de bio dans les cantines, des km de pistes cyclables aménagées, les voies piétonnes etc. etc. A l’exception de deux graphiques page 15 sur les consommations d’énergie et la moindre émission de CO2.

« Mais où va-t-il chercher tout ça ? » allez-vous penser …

Les sources sont nombreuses. Cela pourrait être la référence mondiale, à savoir le norme ISO 26000 et les indicateurs du GRI (Global Reporting Initiative), et il y a aussi pléthore de très bons rapports disponibles sur Internet.

Mais n’allons pas si loin.

Je vous recommande de lire et de vous inspirer d’un excellent document, qui est celui d’une collectivité territoriale, à savoir le département des Hauts de Seine. On y trouve à la fin 6 ou 7 pages d’indicateurs qui illustrent et explicitent, sur plusieurs années, la situation et les avancées en matière de DD. http://my.hauts-de-seine.fr/rapportDD/

Comment se fait-il M Le Maire que, en tant que 3° VP du département, vous puissiez approuver ce document tout en étant aussi peu exigeant au sein de votre commune ?

En second, et je m’en tiendrai là, je vous invite à relire les « perspectives 2018 » qui figuraient en conclusion du rapport 2017, page 37.

  • Mettre en place un PDA (plan de déplacement de l’Administration)… : dans le rapport 2018 : rien, pas une référence à un PDA,
  • Poursuivre les efforts quant à l’augmentation des produits locaux et biologiques dans la restauration scolaire : mention d’un objectif de 15% page 49, mais on ne sait pas ce qu’il en est dans la réalité
  • Etudier la rénovation du bâti municipal : quelques réalisations page 15, mais qui répondent bien faiblement à la promesse de « Etudier la rénovation du bâti municipal », dont on attendrait qu’elle se traduise par un schéma directeur et un plan multi-annuel
  • Développer la place de l’agriculture urbaine : rien vu
  • Expérimenter le tri, le recyclage et la valorisation des déchets organiques : rien vu

Et enfin, je vous invite à ouvrir le rapport 2018 page 51/52  et à les comparer avec les « perspectives 2018 ». et là, que trouve-t-on ?

  • Mettre en place un PDA (plan de déplacement de l’Administration)…
  • Poursuivre les efforts quant à l’augmentation des produits locaux et biologiques …

C’est exactement la même chose, c’est un copier-coller, vous vous moquez du monde !

Je regrette le manque de respect ainsi affiché en regard des questions environnementales. Cela montre à quel point, au-delà des mots et du minimum obligatoire, cette municipalité est insensible et indifférente à la préservation de l’environnement. Et cela au bout de presque deux mandatures, 11 années d’exercice du pourvoir. Quel triste constat.

Pour un ISF 2.0

La réforme de 2017 a supprimé l’ISF sur le patrimoine mobilier, sans contrepartie tangible en matière d’investissements dans les TPE/PME, contrairement à l’argumentation de l’époque.

Ce fut une erreur, voire une faute. Pourtant, il n’est pas envisageable de revenir à l’ISF ancienne version, pour des raisons politiques et symboliques.

Le Président et le gouvernement rechigneront à se déjuger, et tous les conservateurs vont à nouveau pousser des cris d’orfraies si l’ISF ancienne mouture fait son retour. Ne leur donnons pas cette opportunité.

Il convient donc d’imaginer une disposition nouvelle constituant une sortie par le haut pour toutes les parties prenantes.

Cet « ISF 2.0 » pourrait prendre la forme d’une contribution de solidarité des plus aisés, taxant les flux plutôt que les patrimoines, protégeant intelligemment l’outil de travail et les TPE/PME/ETI familiales.

Par exemple : une TVA majorée sur les objets de luxe, une TVA sociale, une CSG « verte » ou « de solidarité » sur les revenus financiers au delà d’un plancher donné « petit épargnant », un malus et/ou une TVS (Taxe sur les Véhicules de Société)  écologiques majorés sur les grosses cylindrées, une taxe carbone aux frontières de l’UE etc.